Les 12 leçons de vie d’un homme qui a vu mourir 12 000 personnes

Quoi de plus sage et de plus vrai qu’un humain qui va mourir ? Comment se sentir plus libre d’accepter la vérité que quand notre vie est terminée ? C’est en reconnaissant la valeur de cette situation extrême, que j’ai souhaité apporter quelques informations supplémentaires sur la sagesse que nous transmettent les mourants. Bonne réflexion et bonne lecture.

Varanasi est un lieu de prédilection pour terminer sa vie quand on est un Hindou, car la mythologie de cette religion promet qu’en y mourant, les croyants stoppent le cycle des réincarnations et sont libérés du cycle de la vie et de la mort. C’est l’une des 7 villes sacrées de l’hindouisme et elle a fait partie des villes qui ont été peuplées le plus tôt dans l’histoire de l’humanité.

Auteur : Deepak Ramola, publié le mardi 21 Juin 2016

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Que peut-on apprendre des mourants ?

Enracinée dans le cœurs de nombreux indiens est la croyance que si vous expirez votre dernier souffle à Kashi (Varanasi, on encore Bénares. La ville a plusieurs appellations selon les époques historiques.), vous atteignez ce qui est connu comme étant « Kashi Lab » ou le « fruit de Kashi » – « moksha » ou « libération du cycle des réincarnations imposé par la loi du Karma ».

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Samsara, roue des réincarnations

Kashi Labh Mukti Bhawan à Varanasi est l’une des 3 auberges de la ville où les gens viennent mourir. Les 2 autres sont Mumukshu Bhawan et Ganga Labh Bhawan. Fondé en 1908, Mukti Bhawan est bien connu à l’intérieur et en-dehors de la ville.

Bhairav Nath Shukla a été le manager de Mukti Bhawan pendant 44 ans. Il a vu les riches et les pauvres prendre refuge dans son auberge pour leurs derniers jours lorsqu’ils attendent la mort et espèrent trouver la paix. Shukla espère et prie avec eux.

Aujourd’hui, il s’assoit sur le banc de bois dans la cours contre le mur de bricks rouges et partage avec moi 12 leçons de vie récurrentes, et récoltées grâce aux 12 000 morts auxquelles il a assisté et de son expérience en tant que manager de Mukti Bhawan.

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Offrande de Feu sur le Gange à Bénares

Les 12 leçons en résumé

  1. « Résous tous tes conflits avant de mourir ». Les gens portent beaucoup de poids du passé tout le long de leur vie et ils veulent tout larguer à la fin.
  2. La simplicité est la Vérité de la vie
  3. Ne prendre que le meilleur chez les gens
  4. « Sois prêt à chercher de l’aide auprès des autres ». Savoir et tout faire par nous-mêmes, nous fait nous sentir puissants mais cela nous empêche d’intégrer les leçons qu’ont appris les autres.
  5. « Trouve la beauté dans les choses simples ». En prenant le temps de s’arrêter et d’admirer les moments simples de la vie, on constate qu’ils nous entourent de partout.
  6. « L’acceptation est libération ». L’indifférence et le refus de la vérité provoquent de l’anxiété et créent de la peur.
  7. « En traitant tout le monde de la même façon, on se facilite la vie ! ». Le jour où vous traiterez tout le monde de la même façon est le jour où vous vous inquiéterez le moins à propos de qui pourrait se sentir offensé ou non.
  8. Si / Quand vous découvrez le but de votre vie, faites quelque chose à ce propos
  9. Les habitudes deviennent des valeurs.
  10. Choisissez ce que vous voulez apprendre.
  11. « On ne rompt pas les liens avec les gens, on rompt avec les pensées qui nous lient à eux ». Comprendre ceci vous délivre de l’amertume et de la revanche.
  12. 10% de ce que vous gagnez doit être mis de côté pour le Dharma.
L0005383 Benares pilgrims in the Ganges.

Benares pilgrims in the Ganges.Credit: Wellcome Library, London. Wellcome Imagesimages@wellcome.ac.ukhttp://wellcomeimages.orgBenares pilgrims in the Ganges.By: W. NieuwenkampPublished: – Copyrighted work available under Creative Commons Attribution only licence CC BY 4.0 http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/

Où les histoires sont racontées…

  1. « Résous tous tes conflits avant de mourir ». Les gens portent beaucoup de poids du passé tout le long de leur vie et ils veulent tout larguer à la fin.

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Shukla raconte l’histoire de Shri Ram Sagar Mishr, un retraité qui enseignait le sanscrit, à l’époque. Mishr était le plus âgé de 6 frères et était plus proche du plus jeune. Il y a des années, une vilaine dispute entre les deux frères a conduit à la construction d’un mur qui séparait la maison en deux.

Dans ces derniers jours, Mishr arriva à l’auberge en portant sa petite boite à tabac à chiquer et m’a demandé de rester dans la chambre n°3 qui lui été réservée. Il était sûr de passer dans l’au-delà le 16ème jour après son arrivée. Le 14ème jour il a dit : « Demande à mon frère qui est éloigné de moi depuis 40 ans, de venir me voir. Cette amertume rend mon cœur lourd. Je suis souhaite activement régler chaque conflit. »

Une lettre a été envoyée. Le 16ème jour, quand le plus jeune frère arriva, Mishr teint sa main et lui demanda de défaire le mur qui divisait la maison. Il demanda à son frère de le pardonner. Les deux frères pleuraient, Mishr s’arrêta de parler au milieu d’une phrase. Son visage devint calme. Le moment d’après, il était parti.

Shukla a vu cette histoire se répéter de plein de manières différentes au cours des années. « Les gens portent tellement de bagages inutiles tout au long de leur vie et ne veulent s’en débarrasser que tout au bout de leur voyage. Le truc ne réside pas dans le fait de ne pas entrer dans les conflits, mais dans celui de les résoudre au plus tôt » dit Shukla.

 

  1. La simplicité est la Vérité de la vie

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Les gens arrêtent de mal manger quand ils savent qu’ils vont partir. La compréhension qui descend sur beaucoup de gens pendant leurs derniers jours, est qu’ils auraient du vivre une vie simple. C’est ce qu’ils regrettent le plus » dit Shukla. Une vie simple, comme il l’explique, peut être atteinte en dépensant moins. Nous dépensons plus, pour accumuler davantage et donc créer plus de besoins. Trouver le contentement dans le moins est le secret pour avoir plus.

 

  1. Ne prendre que le meilleur chez les gens

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Shukla affirme que dans chaque personne, il y a du bon et du mauvais. Mais au lieu de rejeter les « mauvaises » personnes, nous devons chercher leurs qualités. En se concentrant sur la négativité, certains, entretiennent la rancœur Au contraire, si vous vous concentrez sur les bonnes qualités positives, vous passez votre temps à mieux les connaître, et même peut être, à les aimer.

 

  1. Être prêt à demander de l’aide aux autres

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Savoir et tout faire par vous-même peut vous faire vous sentir puissant, mais il limite chacun à ne pas apprendre ce qu’un autre à appris. Shukla croit que nous devons aider les autres, mais plus important, nous devons avoir le courage de demander de l’aide lorsque nous sommes dans le besoin.

Chaque personne dans le monde en sait plus que nous sur certains domaines. Et leur connaissance peut nous aider, mais seulement si nous y sommes ouverts.

Il se rappelle un incident qui eut lieu quand, un jour pluvieux des années 80’s, une vieille femme fut admise. Les gens qui l’avaient amené ici, partirent sans remplir le formulaire d’inscription. Quelques heures plus tard, la police vint pour retrouver les proches de la vieille femme qui, ont-ils dit, étaient en fuite du village de Naxalites. Shukla prétendit ne rien savoir. La police partit. Quand les proches de cette femme revirent le matin suivant, Shakli demanda sans gène au chef de famille : « Quand vous pouvez tuer 5 ou 8 personnes de sang froid, pourquoi ne pouvez-vous pas simplement tirer une balle dans la tête de votre grand-mère et s’occuper de sa crémation par vous-même ? Pourquoi m’avez vous mis dans une situation où j’ai du mentir et me sentir honteux ? »

Le petit fils tomba à genoux et supplia d’être pardonné arguant qu’aucun d’entre eux n’était capable d’aider leur grand-mère à atteindre le salut spirituel, qu’ils respectaient cela et que c’était la raison pour laquelle ils avaient amené leur grand-mère au Mukti Bhawan.

 

  1. Trouver la beauté dans les choses simples

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Au Mukti Bhawan, on joue des bhajans éloquents (chant hindou de louange aux divinités) et des chansons dévotionnelles, trois fois par jour. « Certaines personnes » dit-il « s’arrêtent et admirent une note ou le son d’un instrument comme s’ils ne l’avaient jamais entendu, même si c’est faux. Ils s’arrêtent pour l’apprécier et y trouver de la beauté. »

« Mais ce n’est pas vrai pour tout le monde, ajoute-t-il ? Les personnes qui sont trop critiques ou trop fières, sont celles qui rencontrent le plus de difficultés à trouver de la joie dans les choses simples parce que leurs esprits sont préoccupés par des choses « en apparence » plus importantes.

 

  1. L’acceptation est libération

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La plupart des gens échappent à l’acceptation de ce qu’ils traversent. Ce déni constant nourrit en eux des émotions qui sont très dangereuses. C’est seulement une fois que vous acceptez votre situation, que vous êtes en mesure d’être libre de choisir ce que vous allez faire. Sans acceptation, vous êtes toujours dans le flou. Quand vous n’êtes pas dans le déni, vous avez la force de trouver une solution.

« Indifférence », « évitement », et « déni » d’une certaine vérité, provoquent de l’anxiété, croit Shukla. Ils développent une peur de cette chose chez la personne. Au contraire, acceptez la situation et vous êtes libre de choisir ce que vous voulez faire à ce propos et comment. « Accepter » va vous libérer et vous rendre votre pouvoir.

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  1. En traitant tout le monde de la même façon, on se facilite la vie !

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Le secret de Shukla de son dévouement et de sa détermination inébranlable envers son travail exigeant, pourrait être compris grâce à cette leçon de vie-ci. En effet, il admet que sa vie aurait été difficile à Mukti Bhavan, s’il avait traité différemment les gens qui se considèrent eux même comme différents en fonction de leur caste, de leur couleur, de leur credo, ou de leur statut économique et social. La catégorisation conduit à des complications et l’un finit par mal se comporter avec l’autre. « Le jour où vous traitez tout le monde pareil, est le jour où vous vous sentirez le plus léger et vous vous inquiéterez moins au sujet de qui se sent offensé ou pas. Ca rend votre travail plus facile » affirme-t-il.

 

  1. Si / Quand vous découvrez le but de votre vie, faites quelque chose à ce propos

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Être conscient de ce qui vous appelle dans la vie, c’est génial, mais seulement si vous en faites quelque chose. De nombreuses personnes, dit Shukla, connaissent leur objectif, mais ne vont rien faire pour le réaliser, pour faire qu’il devienne vivant. D’abord, s’assoir dessus, est pire que de ne pas avoir de but. Avoir des perspectives à propos de votre objectif, va vous aider à mesurer le temps et les efforts dont vous avez besoin d’y consacrer, pendant que vous êtes enfermé dans ce que vous pensez ne pas pouvoir laisser tomber ou éviter. Agissez pour ce qui compte vraiment.

 

  1. Les habitudes deviennent des valeurs.

Shukla recommande de cultiver de bonnes habitudes pour être capable d’abriter de bonnes valeurs en nous. ET construire de bonnes habitudes arrive avec le temps et la pratique. C’est comme renforcer un muscle, vous devez l’entrainez tous les jours. » Tant que l’on ne travaille pas régulièrement à être juste ou gentil ou fiable ou honnête ou compatissant, à chaque fois, il est mis en difficulté, l’un ne peut pas s’attendre à obtenir cette qualité.

 

  1. Choisissez ce que vous voulez apprendre.

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Dans l’infini du vaste espace des connaissances disponibles à notre entendement, il est facile de se perdre et d’être confus. « La clé de la leçon ici, est d’être conscient et de choisir ce que vous sentez profondément avoir de la valeur pour vous, » dit-il. Les gens peuvent vous imposer des sujets, des philosophies, parce que eux s’y intéressent et pendant que vous vous devez d’écouter leurs suggestions, la chose la plus sage à faire est d’aller creuser plus profondément ce qui réjouit votre cœur et votre esprit. Avec un sourire sur son visage, Shukla dit « Dans les derniers jours de leur vie, beaucoup de gens ne peuvent plus parler, marcher ou communiquer avec les autres, avec autant de facilité qu’ils ne le pouvaient avant. Alors ils se tournent vers l’intérieur. Et commencent à se rappeler les choses qui ont fait battre leur cœur un jour, les choses auxquelles ils accordaient de l’importance, dont ils voulaient en apprendre plus au cours de leur vie, et qui enrichissent leur vie aujourd’hui ».

  1. On ne rompt pas les liens avec les gens, on rompt avec les pensées qui nous lient à eux. Comprendre ceci vous délivre de l’amertume et de la revanche.

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Vous pouvez rarement vous éloigner des gens que vous avez véritablement aimés ou avec qui vous vous êtes connectés d’une certaine manière. Cependant, certaines relations, le long du chemin, certains décalages dans nos idéologies font que les gens arrêtent de communiquer. Cela ne signifie pas que vous n’êtes plus en lien avec cette personne. Cela signifie simplement que vous ne vous sentez pas associé avec une pensée dominante que porte une personne avec elle/lui, et pour éviter plus de conflits vous partez. Le divorce, affirme Shukla, est avec les pensées, jamais avec la personne. Comprendre ceci c’est se débarrasser de la rancœur et de la revanche.

  1. 10% de ce que vous gagnez doit être mis de côté pour le Dharma

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Le « Dharma », Shukla ne le définit pas comme quelque chose de religieux ou de spirituel. Au contraire il dit qu’il est d’avantage associé à « bien faire pour les autres » et de « s’en sentir responsable ». Un calcul simple d’après lui est de garder 10% de vos revenus pour la bonne fortune.

Beaucoup de gens, donnent ou réalisent des actes charitables vers la fin de leur vie parce que la mort est dure avec eux. Dans la souffrance, ils commencent à ressentir de l’empathie pour la souffrance des autres. Il dit que ceux qui ont de la compagnie, la bénédiction d’étrangers inconnus, et tout ce qui a trait à de la bonne volonté de la part des autres partent paisiblement et avec grâce. C’est possible quand vous ne vous accrochez pas à tout ce que vous avez, et que vous en laissez pour les autres.

Le Dharma : Kesako ? Pour super simplifier et se donner une idée de ce que recouvre ce terme hindou, on va le traduire par destin/destinée. Mais avec une idée de justice divine, la Maât égyptienne : le dharma si tu l’aides, il t’aide… Si tu avances sur le bon chemin alors c’est un chemin plus facile intérieurement… J’aime bien l’image de la chapelle Sixtine, la création d’Adam, la plus connue, où Dieu tend un doigt vers l’homme, et l’homme vers dieu.. mais pas jusqu’au bout car à la dernière minute il ??? ….

 

 

 

 

 

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